Rêves oubliésUn beau texte sur l'exil, l'arrachement à la terre, aux souvenirs et un hymne à ceux qu'on aime et qui donnent la force de vaincre.

Rêves oubliés raconte la fuite d'une famille espagnole à l'avènement du franquisme, qui trouve refuge d'abord à Hendaye, puis dans les Landes.

Le quotidien, la reconstruction patiente des jours, est traduite dans une langue fluide, pudique.
La narration à la troisième personne est ponctuée des pages du journal intime de Ama, la mère, qui livrent alors toute la sensibilité à fleur de peau d'une femme discrète, aimante, chavirée par son destin, d'une émotion bouleversante.

"Depuis qu'il est arrivé à Hendaye, Aïta a vécu en posant les instant les uns à côté des autres. La fin de l'automne approche et il sent que ses mains s'engourdissent. (...) les mains d'Aïta se frôlent furtivement, il sent la caresse de l'argile au creux de ses paumes lorsque le tour danse.(...) Aïta regarde ses mains inutiles, desséchées. Même si jusqu'ici il s'est forcé à ne pas y penser, il regrette son atelier, ses amis, ses contremaîtres."

Une écriture d'une beauté simple, scintillante et fragile : une goutte de rosée en équilibre sur une feuille.

Ce livre, à paraître en Janvier 2012 chez Sabine Wespieser m'a été confié par la Librairie Les Beaux Jours de Tarbes. je remercie Florence et Hélène de cette belle découverte que je recommande chaleureusement.