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18 mai 2012

Nager sans se mouiller, de Carlos Salem

nager sans se mouillerL'auteur, espagnol, se décrit lui-même comme un peu félé.
Et c'est effectivement une intrigue policière complètement déjantée qu'il mène dans son second roman, nous conduisant sur les traces de Juan Pérez-Pérez.
Insipide représentant en papier hygiénique, père divorcé falot, insignifiant, tant aux yeux de son ex que de ses enfants, il dissimule en fait sa redoutable identité... Celle de N°3, tueur à gages, le plus expérimenté de "l'Entreprise".
A moins que sa véritable existence soit ailleurs... et c'est bien le doute qui imprègne les rebondissements de cette histoire complètement improbable, tirée par les cheveux, désopilante, mais tout autant poétique.
Le personnage fait le compte des invraisemblances, au même rythme que le lecteur déconcerté mais amusé par le culot de l'auteur, les relève.
Et c'est un vrai plaisir que de se laisser conduire dans ce camps naturiste de la côte espagnole, de suivre les amours de notre Juan, et ses réflexions philosophiques tout en découvrant les gadgets dignes de James Bond dont il dispose pour son activité professionnelle.
Un vrai bon moment, pour ne pas se prendre au sérieux, fort bien écrit, qui ne laissera peut-être pas une trace indélébile... Les plages estivales sont balayées par le ressac, cela n'empêche pas le plaisir de l'instant. 

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11 mai 2012

Rencontre avec Oscar Coop-Phane

J'avais pris une petite photo de cette soirée à la librairie Les Beaux Jours, et malheureusement, mon téléphone ne veut pas me la rendre. Il faudra donc subir ma prose et seulement ma prose pour un retour enthousiaste de ce moment.

Oscar Coop-Pane est donc l'auteur d'un premier roman, Zénith Hotel, chroniqué ici.
La rencontre a été précédée d'une lecture à 2 voix par Carole Barbe, prof de théâtre, et Jacques Carayre, conteur. Un moment très riche, où le texte, entendu pour la première fois par l'auteur (ce qui ajoute en émotion), s'est dévoilé sous un jour différent de la lecture en solitaire.

L'auteur est tout jeune, je l'avais dit dans mon billet. Mais d'une jeunesse mélant candeur et maturité. Une maman prof de philo, des expériences artistiques précoces. Zenith-hôtel, s'il est son premier roman publié, n'est pas son premier manuscrit.

Entre précisions sur l'écriture de son texte, références littéraires (assez pointues), expérience de publication, et remarques malicieuses sur les "plumitifs crasseux", nous avons passé une soirée très agréable, avec un jeune écrivain simple et accessible, qui prenait visiblement autant plaisir que nous à l'échange.

Encore dommage de ne pas vous gratifier de petites images...

Et un grand merci à Florence et Hélène, nos libraires, pour nous régaler de ces moments uniques.

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05 mai 2012

Le Blog de la Librairie Les Beaux Jours est en ligne !

logo beaux jours blog

Elles ont travaillé d'arrache-pied nos deux libraires préférées !

Le voilà le blog qui informe des rencontres prévues à la librairie, des coups de coeur et des coups de gueule, des nouveautés à ne pas manquer.

N'hésitez pas à y faire un tour régulièrement pour découvrir des titres qui ne sont pas forcément sur les présentoirs des diffuseurs traditionnels.

les Beaux Jours sont aussi une sacrée fenêtre sur la curiosité !

http://librairielesbeauxjours.fr/blog/

 

 

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04 mai 2012

Journal d'un corps, de Daniel Pennac

journal d un corpsMagnifique Pennac, qui sait nous émouvoir, nous faire rire, nous envoûter dans une langue imagée, qui coule dans la bouche et nous emporte dans son récit.
Et quel récit ! Un parti pris culotté, qui pourrait sembler bien fastidieux, voir ennuyeux : le journal d'un homme tenu de ses 12 à ses 87 ans, et uniquement centré sur son corps. Ses petits tracas, ses curiosités, son intimité, ses surprises.
Volonté de n'y mettre aucune "psychologie", et pourtant le corps sait tant exprimer finalement : la souffrance d'une mère mal-aimante, le désarroi d'un adolescent fragile, l'euphorie de l'amour, la complicité d'un petit-fils avec son grand-père.

Loin d'être factuel, Pennac aborde, par petites touches, subtiles et pudiques, le grand récit universel de la construction d'un homme.... jusqu'à son dernier souffle.

Et c'est une leçon de vie qu'on a l'impression d'avoir parcourue, quand le point final est posé.

"Demain tu me jettes à la conque, jure-le ! Et pourquoi tu ne t'y jettes pas toi-même ? Parce que j'ai peur, pardi ! Exquise métamorphose de la peur en jubilation, jette-moi plus loin, jette-moi plus haut, encore, encore, et ce reste d'appréhension chaque fois, qui faisait de ma peur un courage, de mon courage une joie, de ma joie une fierté, de ma fierté un bonheur."

"Mais non mon pétard, s'il faut finir que ce soit à toute allure, au plus fort de la pente, commencer piano piano, d'accord, bien réfléchir à nos débuts, c'est entendu, mais finir à toute pompe, sans ménager nos carcasses, le principe d'accélération, tout est là, nous ne sommes pas des projectiles à chute molle, nous sommes des boules de conscience lancées sur la pente toujours plus raide de notre vie ! Que nos carcasses suivent ou pas, c'est leur affaire."


 

 

 

 

 

 

 

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30 avril 2012

Zénith-hôtel, de Oscar Coop-Phane

Zenith Hotel24 ans, premier roman... ce jeune auteur me laisse perplexe. Non par le talent, qui n'attend pas le nombre des années, comme chacun sait, mais par l'acuité du regard qu'il porte sur l'humanité, dans ce qu'elle a de plus misérable.
Car il creuse profond les affres de l'âme humaine.

Alternant le journal d'une vieille prostituée parisienne, avec les portraits de ses clients, il est sans complaisance avec les travers, les misanthropies. Il est sans pathos non plus.
Il y a une dignité dans ses personnages cabossés, désabusés.

"J'aurai pourtant réussi à parler de moi... Quelques pages d'égotisme ; je ne m'en croyais pas capable.
Pardonnez mon style et mes fautes. Ne me plaignez-pas non plus, je ne suis pas là pour ça. Je l'ai déjà dit, j'écris pour tuer le temps, n'allez pas imaginer autre chose - je ne sais quoi de romantique".

.../...

"Ca m'a effleurée bien sûr, quelques fois. Mais je n'y ai jamais vraiment pensé. Il faut du courage pour se tuer. Ca ne m'a jamais fascinée. J'essaye de sortir ça de ma tête : j'ai comme un instinct de conservation qui me fait penser à autre chose".

Le style apporte une distanciation qui ne tombe pas dans le cynique. Certains amis lecteurs l'ont trouvé dur. Je n'y mettrai pas ce mot. Lucide, cru, sans concession, mais vivant, malgré tout, ave une petite flamme résistante au fond, tout au fond.

Oscar Coop-Pane sera invité à la Librairie Les Beaux Jours le Vendredi 11 Mai. C'est pour cette raison que j'ai voulu découvrir son roman (et par la même occasion les éditions Finitude, qui proposent des ouvrages originaux et très esthétiques). Je vous raconterai cette rencontre dans un prochain billet.

 

 

 

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23 avril 2012

Les Encombrants, de Marie-Sabine Roger


Les Encombrants



Sept nouvelles sur la vieillesse, au ton tour à tour ludique, féroce, poétique, mélancolique.
Des textes courts, au style efficace qui ménage des chutes souvent inattendues.
Tous rappellent combien nous mettons entre parenthèses ces vies finissantes pour vaquer à nos occupations, considérant déjà comme "presque morts" nos anciens, qui regardent le temps qui leur reste leur échapper.

Ce petit recueil est un beau geste, apportant clin d'oeil et dignité, dans ce style fluide et tendre, propre à Marie-Sabine Roger, qui nous avait déjà régalés avec La Tête en Friche.

Je n'ai pas pu lire ces nouvelles sans penser à mes grands-parents, à moi aussi, qui deviendra vieille à mon tour, sans penser à ces maisons de retraites où je vais parfois... sans penser à cette magnifique plaidoirie présentée par une lycéenne au Mémorial de Caen. Ecoutez-la jusqu'au bout, et lisez ce petit livre.


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22 avril 2012

Coeur d'encre, de Cornelia Funcke

coeur d'encreGros roman jeunesse (600 et quelques pages), premier volet d'une trilogie que mon "loustic" m'a instamment demandé de lire, pour pouvoir m'en parler sans risquer de dévoiler l'intrigue.
C'est prenant j'avoue, au grand désespoir de ma table de nuit qui croule sous ma PAL !

L'idée de départ est séduisante : Meggie, 12 ans, vit seule avec son père, relieur, au milieu des livres dont il lui a communiqué la passion... sans toutefois ne lui avoir jamais lu une histoire à haute voix. Mais pourquoi donc cette réserve, ce tabou ?
Avec la visite nocturne d'un mystérieux inconnu, dénommé non moins mystérieusement, "Doigt de Poussière", Meggie va découvrir le terrible secret, et avec, plonger dans les terribles dangers que réservent les pages des livres, si fascinants pourtant.

L'écriture fluide permet une lecture très plaisante de ce gros pavé (les deux autres n'ont rien à lui envier). Les accroches de chapitre font référence à des titres de la littérature jeunesse, classique ou contemporaine : Le Livre de la jungle, Peter Pan, Oliver Twist ou La Croisée des mondes, ce qui a pour effet de rajouter des envies de lecture !!!

Malgré cet avis fort positif, et n'en déplaise à mon fiston, j'attendrai tout de même pour repartir dans Sang d'encre et Mort d'encre, car tant d'autres livres m'attendent !

trilogie coeur sang mort d'encre

 

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04 avril 2012

La Ballade de Lila K. de Blandine Le Callet

Lila KDécouvert chez Gambadou et chez Antigone, il était sur ma LAL depuis un petit moment, malgré leurs avis mesurés. Comme quoi, nos billets peuvent donner envie même si ils ne sont pas d'un enthousiasme débordant. La sortie en poche m'a donné l'occasion de me faire ma propre idée : je ne suis pas loin du coup de coeur !

Lila est une petite fille traumatisée. Arrachée violemment à sa mère, elle est emmenée dans un "Centre" pour un traitement mi-thérapeutique mi-rééducatif, où l'on découvre la société dans laquelle notre monde a basculé.

Nous sommes dans les années 2100, à Paris... Paris "intra-muros". Car au delà, c'est la Zone, dangereuse, incontrôlée.
A l'intérieur par contre, tout est sécurisé, régit par les experts, le Ministère, protégé par les caméras, les injonctions de ne pas se mettre en danger. Tout risque est écarté : pas d'alcool, pas de cigarettes, nourriture équilibrée... pas de livres, trop dangereux !!!

Ce roman est poignant, car au delà de la science-fiction dans laquelle il s'inscrit, il raconte surtout la reconstruction d'une petite fille devenue femme, avec ses traumas, sa force aussi, et sa quête pour retrouver sa maman, toute défaillante soit-elle.

Bien plus encore que dans tout roman de ce genre, notre société contemporaine est ici interrogée, très directement.

Je suis ravie d'avoir mis la main sur ce bouquin bouleversant, à quelques jours de notre prochain Café Littéraire consacré à la Science Fiction ! Une pépite à partager, sans conteste.

 

 

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24 mars 2012

Rencontre-Dédicace avec Pierre Domengès le 30 mars

 

domengès
Photo La Nouvelle République des Pyrénées

Pour les Pyrénéens, ou bien les curieux de passage, qui souhaiteraient découvrir Pierre Domengès, auteur de Poison Heart, chroniqué ici, La Librairie les Beaux Jours organise une rencontre samedi 30 mars à partir de 16H.

Rendez-vous 18 rue de la Marne à Tarbes (entre Marcadieu et le Bout du Pont)
pour un moment qui promet de ne pas être triste ! 

 

 

 

 

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17 mars 2012

La Liste de mes envies, de Grégoire Delacourt

la liste de mes enviesJ'ai été immédiatement emballée par ce titre présenté dans la Librairie Francophone. Les avis étaient tous enthousiastes, et je ne suis absolument pas déçue d'avoir craqué quand mes yeux sont tombés dessus à la librairie !!!
L'histoire semble toute simple, comme son personnage principal : Jo, mercière de 47 ans à Arras, Pas-de-Calais, pas trop jolie, mariée et mère de trois enfants, gagne 18 millions d'euros au Loto.
L'histoire pourrait être toute simple, et belle : la réponse à tous les besoins, la réalisation de toutes les envies, de toutes les folies.
Mais c'est Jo qui est simple et belle. Elle sent bien que ce qui pourrait être une chance risque de faire exploser son bonheur.
On accompagne avec tendresse cette belle âme dans ses questionnements, ses réflexions, ses valeurs, ancrées à ses souvenirs et berçées par la lecture de Belle du Seigneur, les dessins de sa mère ou la musique de Mozart.
On ne la lâche plus, jusqu'au dénouement, rude, mais sincère.

"A la maison, je relis la liste de mes besoins et il m'apparaît que la richesse serait de pouvoir acheter tout ce qui y figure en une fois, de l'économe à l'écran plat, en passant par le manteau de chez Caroll et le tapis antidérapant de la baignoire. Rentrer avec toutes les choses de la liste, détruire la liste, et se dire ça y est, je n'ai plus de besoins. Je n'ai plus que des envies désormais. Que des envies.
Mais ça n'arrive jamais.
Parce que nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont nos petites choses à faire, qui nous projettent à demain, à après-demain, dans le futur ; ces petits rien qu'on achètera la semaine prochaine prochaine et qui nous permettent de penser que la semaine prochaine, on sera encore vivants.
C'est le besoin d'un tapis de bain antidérapant qui nous maintient en vie"

 



 

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